Martine Aubry à Lomme: «Pas le temps des soutiens, le temps des idées»

Martine Aubry est de retour. En accueillant la première université de l'engagement organisée par le Parti socialiste à Lomme, près de sa ville de Lille, où elle fait traditionnellement sa rentrée en septembre, l'ancienne première secrétaire du PS a envoyé un message : il va falloir compter avec elle dans la campagne pour la présidentielle.

Avec notre envoyée spéciale à Lomme,  Valérie Gas

Martine Aubry n’aime pas qu’on parle à sa place et pour le moment, elle n’a pas l’intention de dire si elle soutiendra le chef de l’Etat en 2017 : « Je lis tous les jours, y compris me concernant, qu'untel soutient untel. Alors, qui soutient qui ? C’est devenu le grand jeu. Ce n’est pas le temps des soutiens, c’est le temps des idées », assène la maire de Lille. Et pour Anne, sympathisante socialiste, c’est bien comme ça. « Ce que je souhaite, c’est qu’elle se maintienne dans ses idées, droite dans ses bottes », dit-elle au sujet de l'ancienne candidate à la primaire de 2011.

Militer pour le rassemblement, tout faire pour éviter l’élimination du candidat socialiste au premier tour de l'élection présidentielle en avril prochain, tout en défendant ses convictions de gauche. Tel est le défi que se fixe Martine Aubry, qui a rappelé certaines lignes rouges à ne pas franchir : « A rebours de la loi El Khomri et du travail du dimanche, la protection des salariés doit revenir à un fil conducteur de la gauche et du Parti socialiste », a-t-elle prévenu.

Loi Travail, déchéance de nationalité... Martine Aubry a pointé les « erreurs » du gouvernement, mais a aussi donné des bons points à François Hollande : « Parlons aussi de cette responsabilité de notre pays qu’a l’air de contester là aussi Monsieur Sarkozy, le courage qu’a eu François Hollande de s’engager au Mali », a-t-elle dit. Pour Martine Aubry, l’adversaire, c’est la droite, et surtout Nicolas Sarkozy : « C’est l’artisan de la fin du cordon sanitaire mis avec le Front national », a-t-elle dénoncé. Contre Nicolas Sarkozy, au moins, François Hollande trouvera donc Martine Aubry à ses côtés.