Hinkley Point, une manne pour Areva à Chalon-sur-Saône

Les Britanniques ont donné leur feu vert à EDF, jeudi 15 septembre. La construction de deux réacteurs EPR dernière génération à Hinkley Point, dans le sud-est de la Grande-Bretagne, va donc voir le jour. Un projet qui inquiète les syndicats d'EDF. Le groupe est en effet endetté. Il se relève difficilement de difficultés rencontrées sur les sites de Flamanville en France et en Finlande. Toujours est-il, une partie importante des réacteurs d'Hinkley Point seront fabriqués par Areva NP dans la région de Chalon-sur-Saône, dans le centre-est de la France. Et c'est une bonne nouvelle.

A Chalon-sur-Saône, Areva est le premier employeur. Mais il y a eu plusieurs plans de départs volontaires dans le nucléaire ces dernières années, faute de commande. Le projet d'Hinkley Point vient donc à point nommé.

« Pour la région qui héberge plusieurs sites d’Areva – sur Chalon, sur Saint-Marcel, mais aussi sur Le Creusot –, c’est malgré tout une certaine forme de lisibilité pour le carnet de commandes, souligne Sébastien Martin, président de l'agglomération du Grand Chalon. Aujourd’hui, le carnet de commande est assuré jusqu’en 2018 et là on voit bien qu’Hinkley Point c'est un projet 2019-2025. Il y a déjà sur le site de Saint-Marcel pratiquement 1 000 personnes qui travaillent. Cela assure leur pérennité, mais aussi le recrutement de jeunes. »

Une bonne nouvelle également pour Jean-Luc Mercier délégué CGT d'Areva. Avec toutefois deux bémols. « La grosse problématique, c’est : est-ce qu’on sera en mesure d’honorer ce contrat à 6 ans ? Si ce n’est pas le cas, on sera obligé de payer des pénalités de retard aux Anglais, comme on est obligé d’en payer aujourd’hui en Finlande ou ailleurs. Et on ne sait pas quelle fabrication se fera en France ou quelle fabrication se fera à l’étranger, puisque l’acteur chinois est aussi dans la boucle. »

Le projet d'Hinkley point est en effet financé à quelque 30% par le chinois CGN et 60% par EDF.

 

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