Arnaud Montebourg, un ex-ministre en campagne au chevet d'Alstom

L’ancien ministre de l’Economie, Arnaud Montebourg, s’est rendu à l’usine Alstom de Belfort mercredi 14 septembre. La veille, le gouvernement français s’était donné dix jours pour trouver des solutions après que l’entreprise avait annoncé l’arrêt de sa production de trains dans cette ville de l’est du pays. Mais les syndicats se font peu d’illusion. Un appel à la grève a été lancé pour le 27 septembre.

Avec AFP et notre envoyé spécial à Belfort,  Thomas Giraudeau

Selon Arnaud Montebourg, l’actionnaire de référence d’Alstom, l'Etat français ne pouvait pas ne pas savoir. Le gouvernement a été informé des menaces qui pesaient sur le site belfortain d'Alstom avant l'annonce de la fermeture programmée de l'usine par la direction, a affirmé mercredi le chantre du made in France, venu rencontrer les syndicats.

Il ajoute donc encore un peu d'huile sur le feu de la polémique politique qui n'en finit pas, une semaine après l’annonce de la fermeture de l’usine de trains d’ici à 2018 et le transfert de son activité locomotives vers Reichshoffen, en Alsace.

Pourtant, dans la journée encore, le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll avait encore affirmé qu’il n’avait reçu « aucune information » en amont de cette décision.

 

Mais l’ex-ministre de l’Economie et candidat à l’élection présidentielle 2017 refuse d’y croire. Depuis l'acquisition par l'Etat de 20% d'Alstom, deux hauts fonctionnaires siègent au conseil d'administration. « Ils savaient et ont dûment informé leur ministre, et donc le président de la République et le Premier ministre, des menaces qui planaient sur Belfort », assure-t-il.

Montebourg promet de sauver l'usine

Devant les représentants syndicaux, le candidat à l’Elysée a affirmé que l'usine serait sauvée. Stratégie de campagne ? En tout cas, il a également évoqué quelques propositions, notamment le rééquilibrage de la production de 1 600 locomotives commandées par l’Inde en faveur du site de Belfort. Et il a pointé « la responsabilité » de la SNCF dans la situation actuelle.

De son côté, Emmanuel Macron, ministre de l’Economie démissionnaire et fondateur du mouvement En Marche !, se dédouanant de toute responsabilité dans le dossier, a rappelé ce mercredi qu’il n’avait jamais fait de « promesses intenables » concernant Alstom.

Mercredi soir, lors d'un conseil municipal extraordinaire à la mairie de Belfort, les élus locaux ont voté à l’unanimité une motion de soutien aux salariés de l’usine menacée. L'occasion pour Damien Meslot, député-maire Les Républicains de Belfort, d'attaquer frontalement le gouvernement. Selon lui, il fait la sourde oreille sur ce dossier depuis trop longtemps.