Alstom: un dossier empoisonné à huit mois de la présidentielle

Dossier empoisonné à huit mois de la présidentielle, Alstom est devenu l'enjeu d'un bras de fer entre son PDG Henri Poupart-Lafarge et l'exécutif. Le premier reste inflexible sur son projet de quasi-fermeture de l'usine de Belfort, le second a promis de tout faire pour la pérenniser.

C’est ce qui s’appelle scénariser son action : réunion de crise à l’Élysée, condamnation sans appel de la décision du groupe, déclarations martiales en coulisses. Bref, l’exécutif veut montrer qu’il fait tout pour sauver les emplois à Belfort.

Tout pour éviter d’abîmer encore le « ça va mieux » du président. Tout, surtout, pour conjurer ce cauchemar de tout politique à l’approche d’une élection : laisser s’installer un sentiment d’impuissance.

Voilà qui, surtout, réveille le fantôme de Florange : la fermeture des deux derniers hauts fourneaux de Lorraine avait plombé le début du quinquennat, fracturé le gouvernement, relancé le procès en trahison de la gauche au pouvoir. Le président qui a toujours tant de mal à reconquérir son camp est sur ses gardes, pèse chacun de ses mots. François Hollande a d’ailleurs annoncé mardi 13 septembre son retour à Florange.